Dimanche 7 décembre 2008 7 07 /12 /2008 13:31







Eclore

 




Je marchais pesamment, et l'âme vagabonde

Eloigné de ces lieux où se croise le monde

Les mousses, écrasées, hurlaient sous mon pas lourd

Mais je n'entendais rien: j'étais devenu sourd.

 

Soudain, me surplombant, fusa un son étrange

Et j'aperçus là-haut le fin duvet d'un ange:

Il se tenait assis sur les plus beaux branchages;

Le soleil en nacrait l'éblouissant plumage.

J'écoutai:

                  Au dedans de mon coeur immobile

Il se formait des mots, des phrases omnubiles

Puis succéda enfin à l'obscurcissement

Une gerbe lueur, un éclaircissement.

-Est-il quelque faveur que tu fis pour tes frères?

Et je m'interrogeai.

                                   Pour contrer la misère

Secourir l'éplorée, épauler l'orphelin

J'entrevis tout d'un coup que je n'avais fait rien.

-Et, de même, envers toi, t'es-tu rendu service?

Bon Dieu, qu'il était fort. Satané coup de vice!

Je regardai encor au creux de ma conscience

De nouveau, il frappa, fléau de l'évidence

Là aussi, calme plat: j'haïssais mon image

Et ce corps qui retient cette âme aux paysages.

Je creusai plus profond, je ratissai plus large;

Il me vint une idée, plaidant à ma décharge

Pour montrer que j'avais tout de même construit.

D'une voix assurée, je lançai:

                                                      j'ai écrit;

Et l'ange, estomaqué, faillit tomber de l'arbre!

-Tu as croisé les mots et gravé sur le marbre

Des phrases de bon ton, certes, je reconnais

Mais, prêchant le partage, as-tu déjà donné

Aux enfants du tiers-monde ou au mendiant qui quête

Un peu de menuaille au fond de son assiette?

Tu loues les sentiments les plus purs, et pourtant

Tu n'appliques jamais ce que tu mets dedans;

Tu ressembles, crois-m'en, à certains médecins

Connaissant le virus, ignorants du vaccin.

Je te vois, chaque jour, qui traverse les rues

Quand se profile au loin un homme à demi-nu.

Je le sais: tu n'as rien dans le porte-monnaie

Et ton compte banquaire est souvent écorné

Mais pourquoi refuser l'aumône d'un sourire

Qui réchauffe l'esprit, aux souffrances ne nuire?

Il ne te sert de rien de te croire inutile

L'essentiel est d'agir même si, malhabile,

Tu parles beaucoup moins dans la vie qu'en tes livres.

Va.

      Comme punition, je te condamne à vivre

Et à te rapprocher de tes frères humains

Pour qu'enfin vous marchiez votre âme à fleur de main.

 

 

Par Kandide Katrin Phocigne, dit Patrick Hard - Publié dans : Vers à moi - Communauté : Rejoignez-Vous!
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  • : Kandide Katrin Phocigne, dit Patrick Hard
  • Le blog de Kandide Katrin Phocigne (N'hoc temps bulles)
  • : Homme
  • : 10/01/1956
  • : Perpignan 66000 Centre du Monde Spir
  • : épicurien spirituel observateur auto-dérision ecclectique
  • : Ex artiste peintre Poète, nouvelliste, écrivain, jongleur de mots. Chercheur en Dieu depuis l'enfance. Ma devise est Servie, et Ecrire je viens de m'apercevoir que j'Aime Ma Femme, et, au travers d'ailes, toutes les femmes.

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